+15 % de trafic
au premier trimestre après le lancement
-10 % de rebond
mesuré pays par pays, pas en moyenne
Une base commune
un développement central au lieu de vingt, pour 20 marchés

Le problème de départ

Stellantis lance la refonte de son site de marque sur vingt pays. Le principe est posé dès le départ : une plateforme construite au central, et une adaptation faite par chaque pays.

Sur le papier, c'est le bon choix. En pratique, c'est la situation qui produit le plus de friction, parce que les deux côtés ont raison.

Le central veut une base unique, cohérente, facile à faire évoluer. Chaque pays veut son exception, et il a souvent de bonnes raisons. Une mention légale hongroise ne se négocie pas. Un catalogue argentin n'a rien à voir avec un catalogue japonais. Et une équipe locale qu'on n'écoute pas ne recette pas, elle bloque.

À cela s'ajoutait la distance. Le cadrage était fait par des agences en Italie et en Espagne. Le développement par des équipes en Inde. Le déploiement par des équipes réparties dans le monde entier. Quatre fuseaux horaires, quatre façons de travailler, une seule livraison.

Déploiement d'un site de marque sur 20 marchés, avant et après
Ce qui change concrètement, avant et après.

Ce qui a été mis en place

Un seul backlog. Pas un backlog central plus vingt backlogs locaux. Un seul, où les demandes des pays entrent au même endroit que celles de la marque et se priorisent selon les mêmes règles. Une équipe locale ne peut plus court-circuiter le processus. En échange, elle doit formuler son besoin au lieu de l'exiger.

Des spécifications écrites avant l'adaptation. Les agences produisent les exigences et les maquettes. Les équipes de développement construisent la base. Les variantes pays arrivent ensuite, sur quelque chose de stable. L'ordre inverse ne converge jamais.

Une recette faite par le pays lui-même. Aucun site ne part en production sans que son équipe locale l'ait validé. C'est plus lent sur le papier. C'est plus rapide en vrai, parce qu'on ne corrige pas après coup sur vingt sites à la fois.

Et des décisions tous les jours. C'est la partie qui n'apparaît sur aucun planning : trancher chaque jour ce qui passe et ce qui attend, entre une agence à Milan, des développeurs à Bangalore et une équipe à Tokyo.

Le résultat

+15 % de trafic au premier trimestre après le lancement, et -10 % de taux de rebond. Les chiffres ont été suivis pays par pays. Cela a permis de repérer les trois marchés qui décrochaient et de les traiter à part.

Ce que ça a appris

Un déploiement dans plusieurs entités ne se joue pas sur la technique. Il se joue sur la place laissée à l'exception locale. Trop peu, les équipes contournent. Trop, la base commune explose.

C'est exactement le même travail quand une entreprise veut automatiser un processus partagé entre plusieurs agences ou filiales.

Comment ça marche

Schéma du processus : qui fait quoi, et à quel moment un humain reprend la main
Qui fait quoi, et à quel moment un humain reprend la main.

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